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# Fever‑Tree, ou comment deux Anglais ont réinventé le mixer
- URL: https://barnews.fr/fever-tree-deux-anglais-reinventent-le-mixer/
- Published: 2026-10-13T14:00:30.000Z
- Updated: 2026-10-13T14:00:30.000Z
- Description: Née autour d'un café en 2003, bâtie sur un sourcing sans compromis et sur la confiance des bartenders, Fever‑Tree est devenue la première marque de mixers premium au monde, sans jamais appartenir à un géant des boissons. Retour sur une success story.
- Author: Frederic Roginska
- Tags: Partenariat

Il y a plus de vingt ans, une simple tasse de café entre deux entrepreneurs britanniques a donné naissance à une marque qui allait bousculer toute une catégorie. Devenue la première marque de mixers premium au monde, **Fever‑Tree** n'a pourtant jamais appartenu à un géant des boissons.

## Le jour où le gin a mené au tonic

Fin 2003, **Tim Warrillow** et **Charles Rolls** se sont retrouvés pour parler gin. Le premier, qui dirige aujourd'hui l'entreprise, venait du marketing et du conseil aux marques alimentaires premium, le second connaissait intimement les spiritueux pour avoir dirigé **Plymouth Gin** de 1997 jusqu'à son rachat par la maison mère d'**Absolut**, en 2001\. Mais la conversation a vite glissé vers le tonic, car les deux hommes partageaient le même constat.

Les spiritueux montaient alors en gamme et le cocktail revenait en grâce. Le mixer, lui, restait la chasse gardée d'une ou deux grandes marques mondiales, plus soucieuses d'économies que de goût.

> *"Les gens étaient prêts à dépenser toujours plus pour de très bons spiritueux, mais n'avaient d'autre choix que de les noyer dans des mixers artificiels et banalisés"*, se souvient **Tim Warrillow**.

Or, dans un *Gin & Tonic*, le tonic représente les trois quarts du verre. La future signature de la marque était ainsi toute trouvée : *"Si 3/4 de votre cocktail est un mixer, choisissez le meilleur !"*

Beaucoup, dans le métier, les ont alors pris pour des fous. À commencer par son beau-père, à qui il ne manque jamais de rappeler désormais l'épisode dès qu'il en a l'occasion, courbes de ventes à l'appui.

## Des ingrédients au bout du monde

Pour remettre de la qualité dans la catégorie, les deux associés ont consacré 18 mois à la mise au point de leur premier tonic, plongeant dans les manuscrits du XVIIe siècle de la British Library avant de partir eux-mêmes sur le terrain. Leur quête la plus mémorable reste celle de la quinine, l'ingrédient à l'origine du tonic, extraite de l'écorce du quinquina, surnommé "fever tree". Pour rejoindre l'une des dernières plantations de quinine d'origine, en République démocratique du Congo, **Tim Warrillow** a dû franchir trois barrages armés en cinq kilomètres, dont l'un tenu par un jeune homme équipé d'un lance-roquettes. Le voyage en valait la peine : **Fever‑Tree** s'y approvisionne toujours.

![](https://barnews.fr/content/images/2026/10/fever-tree-2_dn.jpg)

La même exigence a conduit la marque vers les trois gingembres de sa [*Premium Ginger Beer*](https://barnews.fr/fever-tree-ginger-beer-sourcing-assemblage-gingembre/), vers les agrumes du Yucatán, au Mexique, ou jusqu'au thym citronné de la famille **Vidal**, dans la Drôme, cœur aromatique de la [*Mediterranean Tonic Water*](https://barnews.fr/fever-tree-mediterranean-tonic-water-saga-familiale-provencale/).

## Les bartenders avant les rayons

Plutôt que d'affronter les géants en grande surface, **Fever‑Tree** a d'abord ciblé les bars, hôtels et restaurants haut de gamme, où se trouvaient les prescripteurs. Compte par compte, les fondateurs ont convaincu bartenders et chefs, jusqu'au plus illustre d'entre eux : **Ferran Adrià**. Trois étoiles au Guide Michelin, cinq fois sacré meilleur restaurant du monde entre 2002 et 2009, **El Bulli** était alors la référence absolue de la gastronomie d'avant-garde. Le chef catalan a pourtant jugé ce tonic si bon qu'il méritait, selon lui, d'être mangé autant que bu : il en a fait le 14e service de son menu dégustation. Pour une jeune marque de mixers, difficile de rêver plus belle caution. Depuis, les bartenders ne l'ont plus lâchée : cette année encore, et pour la 12e année consécutive, le classement de **Drinks International** réalisé auprès des meilleurs bars du monde l'a désignée mixer n°1 des ventes et des tendances.

Même logique chez les cavistes, que les grandes marques de mixers délaissaient. Au Royaume-Uni, **Tim Warrillow** et **Charles Rolls** ont ainsi enfourché leurs vélos pour visiter une à une les 150 boutiques de l'enseigne **Oddbins** et présenter leur tonic à chaque équipe. Une tournée qui a d'abord amusé l'enseigne : aucun de ses fournisseurs de vin ne s'était jamais donné autant de mal, et encore moins un producteur de mixers, une catégorie qu'elle ne vendait jusque-là quasiment pas. Mais ces cavistes, qui conseillent et recommandent au quotidien, sont vite devenus des ambassadeurs de la marque.

Faute de budget publicitaire, les deux associés ont déployé la même énergie auprès de la presse spécialisée, qui ne consacrait que quelques lignes aux softs, et moins encore aux mixers, quitte à se mettre en scène avec une brouette ou un caddie de supermarché pour attirer l'attention. Hors du Royaume-Uni, enfin, ils ont enchaîné vols et hôtels bon marché pour aller convaincre, marché après marché, bartenders, chefs et journalistes, et planter au plus vite le drapeau de la marque qui avait créé la catégorie.

## De challenger à leader

Aujourd'hui, on peut s'avancer et dire que le pari a payé. Présente dans plus de 100 pays, **Fever‑Tree** réalise 75% de son activité hors du Royaume-Uni. Chez lui, **Fever‑Tree** a bousculé les acteurs historiques de la grande distribution en devenant leader et en redonnant ses lettres de noblesse à une catégorie oubliée. Aux États-Unis, la marque est aujourd'hui n°1 du tonic et de la ginger beer. Le tout avec une singularité : cotée à Londres depuis 2014, l'entreprise n'a jamais été cédée à un groupe de boissons, et ses deux fondateurs figurent toujours parmi ses principaux actionnaires.

> *"Cette obsession de la qualité est aujourd'hui notre plus grande force : elle prouve qu'un modèle indépendant et agile peut bousculer les géants de l'industrie"*, résume **Tim Warrillow**.

![](https://barnews.fr/content/images/2026/10/timw-fever-tree-3_dn.jpg)

## La France, terre de ginger beer

Pour **Tim Warrillow**, trois tendances portent la suite : boire moins mais mieux, des spiritueux servis plus longs et plus légers, et la modération. En France, le marché des mixers a quasiment doublé en sept ans, de 59 à 107 millions d'euros, et c'est la ginger beer qui l'a propulsé : son propre marché est passé de 2 à plus de 25 millions d'euros depuis le Covid.

Découverte avec le *Mule*, elle se boit désormais majoritairement sans alcool, et **Fever‑Tree** peut se targuer d'y détenir 54% du marché en valeur en grande distribution. Loin de s'arrêter là, la marque vient même de lancer une [*Ginger Beer Citron Vert*](https://saveurpress.fr/fever-tree-ginger-beer-citron-vert/?ref=barnews.fr) imaginée pour la France, et plus légère en sucre (4,5 g pour 100 ml).

En CHR, la marque est présente dans quelque 10 000 établissements. Et selon **Ludovic Derigny**, son Country Manager France, l'opportunité est désormais sur les cartes sans alcool, encore "atones" : la ginger beer y est peu proposée, alors qu'elle peut à la fois servir de mixer et de soft premium, créateur de valeur pour le bar.

Ainsi, plus de vingt ans après ce premier café, l'intuition des deux fondateurs n'a pas pris une ride. Elle a simplement élargi son terrain de jeu : du *Gin & Tonic* au *Mule*, et désormais jusqu'à la ginger beer dégustée seule, sur glace, avec un quartier de citron vert.

Hier c'était les trois quarts du verre. Aujourd'hui, parfois le verre tout entier !

![](https://barnews.fr/content/images/2026/10/fever-tree_dn.jpg)

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L'ABUS D'ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.